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 Eclipseo, la lumière dans le noir

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Eclipseo

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Masculin Divinité Iop
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MessageSujet: Eclipseo, la lumière dans le noir   14.06.13 17:16


         Prologue




Depuis toujours, dans deux familles du continent amaknéen, on donne aux nouveaux-nés un nom inspiré d'un fait majeur qui s'est déroulé durant l'année de sa naissance. Ces deux familles sont la mienne et celle d'un grand guerrier qui se battit aux côtés de mon ancêtre lors de l'Aurore Pourpre, pour la cause du Mal.








Mon grand-père, Dragolio, naquit en 493 et fut nommé ainsi en mémoire de l'invasion du village primordial d'Amakna par les Dragoeufs. Ma grand-mère, elle, fut nommée Oraguia, car lors de sa naissance grondait un orage sur tout Amakna. C'était en 503, la même année de naissance que Fallanster, le frère du roi Allister.
Mon père, lui, porte le nom de Cosme en l'honneur de l'impact d'une comète sur la presqu'île des Dragoeufs. Ma mère quant à elle prit le nom de Meteora, en l'honneur de ce même évènement, mais nos deux familles n'étaient pas d'accord sur la nature de l'objet. Quoi qu'il en soit... Cette chose est arrivée avec une vitesse et une violence prodigieuses : elle brûle encore sur le sol de la presqu'île.








Moi, mon nom est Eclipseo. En effet, la plus belle éclipse que les sages Fécas se souviennent avoir admirée s'est déroulée pendant ma naissance. Au moment où j'arrivais au monde, le continent était plongé dans les ténèbres. Ma mère me raconte se souvenir des cris apeurés des pauvres pious, dehors. Et, curiosité parmi les curiosités, mon père qui débitait du bois assure avoir entendu un ricanement sibyllin ressemblant à celui d'Halouine le 31 Octolliard. Mais nous étions en plein Joullier, et nul n'a su expliquer ce phénomène. Les disciples de Xélor narrent dans leurs mémoires :
 
Alors que le soleil commençait à sombrer, tandis que les ombres des maisons et des temples s'allongeaient indéfiniment jusqu'à disparaître, le vent se mit à souffler avec plus de violence et à soulever des rafales crissantes de feuilles mortes au travers des cours. C'est comme si le temps s'était arrêté, mais Xélor continuait de faire tourner ses aiguilles sur leur cadran.








J'ai grandi seul avec mes parents, jusqu'à la naissance de mon frère cadet. Je me souviens de cette nuit... 
Des couleurs d'ecchymose saignante pochaient l'ouest, mais le firmament, bleu cobalt, tendait vers un violet de plus en plus foncé que quelques étoiles entreprenaient de piqueter. Soudain, une lueur rouge était apparue. D'abord faible, elle n'avait cessé d'augmenter en intensité jusqu'à éclairer si bien le continent que les vitraux de l'église d'Amakna en scintillaient. Les cris de mon frère se perdaient dans le silence de cette nuit là. Le médecin était sorti admirer cette nouvelle étoile venue saluer l'arrivée au monde de mon cadet : l'étoile et lui étaient survenus au même instant. C'est pour cela qu'il prit le nom de Stellis.




                                                        Chapitre premier : entrée en apprentissage


À l'âge de dix ans, je fus envoyé par mon père au port de Madrestam pour devenir l'apprenti d'un marin. Cela dans le but de faire connaître mon père dans cette zone d'échanges, de faire prospérer le commerce de statuettes de bois de mes parents, et plus tard de financer les réparations dont notre demeure avait tant besoin !
Je trouvai rapidement mon maître sur le quai, gueulant des ordres ou goûtant certains produits pour d'assurer de leur qualité. Propriétaire d'un magnifique trois-mats surnommé L'Abraknyde flottant, il semblait riche et célèbre, d'après la foule qui se massait autour de lui. Il revenait d'un long périple à Frigost, et en ramenait quantités de frostiz, de boudin de boufmouth, de pattes de crabe hijacob et de bonnets en fourrure. Les blocs d'obsidienne que l'on sortait de son navire au moyen d'une grue étaient d'un noir profond et réfléchissaient la lumière du soleil de ce matin d'Aperirel. Je vis soudain quatre matelots sortir précautionneusement leur charge des cales de L'Abraknyde flottant. La foule fit silence, et je jouai des coudes pour m'approcher jusqu'aux premières places. Le capitaine aida ses hommes à déposer leur charge sur le quai, puis plongea sa main dedans. Il en sortit un pot fermé par un couvercle en fer. Ce pot était rempli d'une substance ambrée, qui semblait absorber la lumière au lieu de la réfléchir. Alors que je torturais mon esprit pour trouver ce qu'était ce liquide, le capitaine répondit à mes questions :
" Du miel du mont Torrideau ! Regardez-moi cette couleur ! Il est d'une suavité et d'une douceur telles que pas même la Filtounga de Bol Pokuz parviendrait à vous enflammer le palais ! Nos hommes ont dû mettre en fuite les Gloursons pour entrer dans leur ruche, et forcer les Gloursayas à nous donner un peu de leur trésor. Tartinez votre pain d'Amakna de ce miel, buvez un verre de lailait avec des Frostiz, et vous serez au septième ciel ! Oui, au septième ciel ! Vous retrouverez ce fameux miel demain, sur nos établis au marché, à 1 500 kamas le pot ! En attendant, il s'en va tout droit au frais : la chaleur lui est insupportable !"
Les gens s'éparpillèrent et je pus me diriger vers le capitaine du navire. Lorsque ses yeux se posèrent sur moi, il s'écria :
"Ah, mais tu dois être Eclipseo ! Ton père m'a parlé de toi, c'est un plaisir que de t'avoir comme apprenti. Mais je te préviens, désobéis au moindre de mes commandements, et tu le regretteras amèrement..."
Mon sang ne fit qu'un tour à cet avertissement, mais mon maître de poursuivre d'un air enjoué :
"Mais bon, on parlera de tout cela plus tard... Suis-moi, je vais te présenter L'Abraknyde flottant et les membres de son équipage. C'est un bon raffiot, ça oui, mais il va y avoir besoin d'être réparé : le froid de Frigost a endommagé la coque, et l'une de nos voiles s'est déchirée. Mais bon, nous avons eu de la chance ; un autre navire, le Cinatit, a heurté un iceberg. C'était un magnifique navire de plaisance, le plus grand que j'aie vu. Il était conçu pour acheminer les Frigostiens en vacances sur des îles plus paradisiaques comme celle de Moon, mais son premier trajet a été le dernier. Eh, il y a eu pas mal de morts en plus, c'est malheureux... Mais bon, on parlera de tout cela plus tard..."
Je m'apercevais vite que mon maître était un as de la procrastination.


Il me fit visiter L'Abraknyde flottant, et nous arrivâmes à la cabine de mon maître...
"Voici ma cabine. Tu n'auras pas le droit d'y entrer, mais pour la première fois, je te laisse visionner. Ah, et fais attention : mon père passe ses journées dedans à lire les mêmes manuscrits. Tu le reconnaîtras facilement je pense : il a les cheveux et la barbe blanche, et il est seul dans la pièce..."
Étonné de ce discours, je poussai la porte et en franchit le seuil... Pour être accueilli par un coup de canne Hassukre dans les jambes. Le choc me projeta à terre, la face écrasée contre le sol par un pied sénile.
"Je peux pas compter combien que j'ai 'crabouillé d'mioches, 'vec euç' canne là, mais t'en es un d'p'us. J'aime pas les voleurs, moi, et v'là qu't'entres dans mon d'maine. Qu'est-ce t'intéresses, p'tit gars, c'est-y le rhum ? rugit-il.
- Papa, laisse ce gamin tranquille... C'est mon nouvel apprenti, expliqua mon maître.
- V'là qu'tu prends un apprenti toi maint'nant ! Et comment qu'j'y pouvais savoir, hein, moi, hein, hein ??! répondit le vieux en enlevant son pied de mon crâne. J'suis dés'lé, p'tit gars, mais mieux vaut d'mander pardon qu'permission, ça pour sûr. Avec tous les essploits que j'm'ai faits au combat, j'ai quat' vingt neuf ans. Et si vieux, ça v'dire sage, alors ça y a pas d'p'us'age qu'mézigue. Mais l'arrive encore à mézigue de s'tromper d'temps à autres, et v'la qu' c'est l'cas ! Mais bon, on r'parl'ra d'tout euç' ça p'us tard, v'la.
- M...Merci, monsieur..., bafouillai-je en regardant mes pieds, désolé si je vous ai paru suspect."


On sortit rapidement, laissant le vieux à ses ruminations de vieux marin, et le maître m'emmena à la taverne la plus proche.
"Allez, je te paie une bière pour oublier ce qui vient de se passer, et pour fêter ton arrivée. Comment ça t'as pas l'âge ? On s'en fout, bois !... Tu sais, le bateau, il repart que dans un mois, et mon vieux ça le rend nerveux de pas être en mer. Il veut crever en mer, et ça oui, ça le tracasse de pouvoir être mis dans la terre au lieu de rester avec ses poissons. Mais bon, ça...
- On en reparlera plus tard, le coupai-je précipitamment.
- Tout juste ! t'apprends vite, ça m'plaît ! Au fait, je t'ai pas dit mon nom ! Moi c'est Gylbert, mais faudra m'appeler capitaine. Et mon vieux il s'appelle Erik."


Le mois passa. Toutes les denrées furent vendues. Le capitaine me fit travailler d’arrache-pied tous les jours avec les matelots pour remettre le navire en état. J’appris à recoudre les voiles, à faire une dizaine de nœuds différents. J’appris à calfater la coque : pour cela, il fallut sortir l’Abraknyde flottant de l’eau. On inséra de la paille, du tissu et de fins cordages entre les planches pour compléter les interstices. Puis j’assistai à la fabrication d’une pâte, dont on enduisit la coque toute entière, afin de la protéger et de la rendre imperméable. Les pièces de bois usées comme le gouvernail furent enlevées puis remplacées, et on repeignit la proue.
Le bateau était fin prêt et nous étions à la mi-Maisial. Je revis mon père une dernière fois avant le jour du départ, et il me rappela une célèbre citation de ma mère : "En Maisial, ne te met pas à poil ". Merci maman.


Chapitre deuxième : Premier voyage, ou une rencontre surprenante
 
Les derniers préparatifs achevés, nous avons mis la voile pour un trajet assez court : notre destination était l’île de Moon. En effet, plusieurs jours auparavant, le capitaine avait eu de nombreuses demandes en noix de kokoko et en fleurs de Trukikol.
Il n’y avait pas de port sur l’île de Moon, et encore moins d’habitations. Les seuls habitants de l’île étaient les agents de l’Agence Tourisque, les Kannibouls et quelques tortues. Nous dûmes jeter l’ancre non loin d’une plage et mettre nos quatre barques à l’eau. Il faisait une chaleur infernale, aussi nous ne prîmes que le minimum : des gourdes et des couteaux pour dépouiller les Kokokos de leurs noix.


En arrivant, nous avons établi le campement près d’une petite étendue d’eau et à l’ombre d’arbres. Puis le capitaine nous donna à tous nos quartiers.
Je partis visiter l’île en compagnie de deux matelots qui semblaient m’avoir pris sous leur tutelle. Après une heure de marche sur la plage, nous arrivâmes dans une petite crique. Le sable y était très clair, ce qui donnait à la mer un ton bleu céruléen. Quelques tortues jaunes et rouges nageaient paisiblement non loin de là et des dizaines de coquillages ornaient le sol.


En promenant mon regard sur ce paysage, je vis soudain les vestiges d’un feu de bois. Puis en avançant, je m’aperçus qu’un vieil homme était assis contre le tronc d’un arbre. Sans aucune précaution, je m’approchai de lui. Il était endormi. Je tendis ma main pour le réveiller, mais il me l’attrapa d’un geste vif. Ses yeux aveugles s’ouvrirent et se dirigèrent vers moi. Des yeux gris, dont la froideur contrastait avec la moiteur de sa main. Sa bouche se mit à trembler alors qu’il lâchait ma main, et il se mit à prononcer d’obscures paroles auxquelles je ne compris rien. Mes amis s’approchèrent en courant pour voir avec moi le vieil homme se mettre debout d’un geste. Estomaqué, je reculai pas à pas. L’homme suait à grosses gouttes, et soudain… Soudain, ses pupilles semblèrent changer de couleurs, rien que l’espace d’un instant. Je regardai plus attentivement. Oui, elles changeaient bien de couleurs ! Elles prenaient une teinte beaucoup plus rouge, beaucoup plus sombre. Et alors que je perdais mon regard dans ces pupilles de feu, je compris ce qu’il murmurait :
" Eclipseeooo, fils de Cosme, lui-même fils de Dragolio, descendant de Gisgo. Qu’est devenue ta famiiille ? Vous vous êêêêtes contentéés d’une siiimple existence en Amaknaaa. Toi qui a de profooondes raciines dans l’histoire de la Cité Noire, redonne de l’éclat à ta famiiille…Eclipseoo… "
Ce dernier mot avait été prononcé comme un murmure, et le rouge ardent des pupilles s’estompa. Le vieil homme s’affala à nouveau contre son arbre, un sourire pincé aux lèvres. Les deux matelots derrière m’empoignèrent :
"Viens Eclipseo, on doit pas rester là ! Cet homme est fou ! Et peut-être qu’une force obscure est derrière ça ! Allez, viens ! "
Cependant, je me dégageai et m’approchai du corps. Il était mort. Pourtant, quand je le touchai, je m’aperçus que sa peau était brûlante.
"Il était à l’ombre… ", songeai-je, effrayé.
 
Je reculai et retournai avec mes amis. Nous nous retournâmes vers la mer pour admirer un coucher de soleil comme jamais nous n’en avions vu. Un rouge obscur barrait le ciel et rencontrait le blanc pur de quelques nuages, les tâchant de points de couleur sang. Le soleil pénétrait dans la mer à l’horizon, et il diffusait des rayons jaunes et orangés. L’eau avait exceptionnellement cédé son manteau bleu pour une robe aux couleurs de safran.
 Le temps que nous rentrions au camp, il faisait presque noir. Un feu avait été allumé et les matelots faisaient cuire des brochettes de viande. Deux groupes avaient été formés pour la récolte de noix du lendemain. Le repas achevé, tout le monde s’endormit, sauf les deux du premier tour de garde.
 
Tout le long de notre escale, pendant la matinée, les matelots m’entraînèrent à me battre, sur le sable brûlant. Je progressai rapidement, mais au bout de quelques jours le capitaine déclara que les cales du navire étaient pleines et qu’il fallait regagner Madrestam. Ce qui fut fait en quelques jours.
 



Chapitre troisième : transition





Les années passèrent, remplies de voyages de ce genre, variant avec les demandes. Pendant toutes ces années, je m’entraînai le matin, avec tous les types d’armes. Néanmoins je préférai de loin les maniements de l’épée et du bâton. Je devins assez fort pour tenir tête à sept matelots en même temps.
L’année de mes seize ans, nous revenions de l’île de Pandala lorsque le capitaine m’aborda :
" Eclipseo… Ton apprentissage est terminé. Je t’ai appris tout ce que je savais. Ce que nous avons ramené de Pandala nous promet un excellent bénéfice, et je vais t’offrir ta première paie. Mais je ne vais pas m’arrêter là… Tu vas accompagner les matelots à l’hôtel de Madrestam ce soir. Je paierai ta nuit.
- Je… Je ne sais comment vous remercier, capitaine…
- Gylbert. Maintenant, nous sommes égaux. Appelle-moi par mon nom. Et si tu as un jour besoin d’aide, à tout moment je répondrai présent. Je t’aiderai.
- Toi de même alors… Gylbert… Je tenterai de t’aider quand tu en auras besoin… Merci pour tout ce que tu m’as apporté. »
Me tournant vers le bateau :
« Et merci à l’Abraknyde flottant, et à ses matelots. Vous m’avez offert une aventure merveilleuse. "
 
Le soir venu, je retrouvai mes amis sur les quais et nous nous dirigeâmes vers l’hôtel.
" Prêt à devenir un homme, Eclipseo ? me lança l’un d’eux.
- Comment ça ?
- Tu verras bien… "
Je ne pus en savoir plus, et je pris connaissance auprès de la propriétaire du numéro de ma chambre. Arrivé là-bas, j’entrai… Pour m’apercevoir que les décors de la chambre étaient identiques à ceux de l’hôtel : roses.
Je pris mon repas dans ma chambre et m’allongeai sur mon lit. Quelqu’un toqua à ma porte. J’entendis la porte s’ouvrir, mes yeux firent de même. J’entendis quelqu’un me lancer un " Bonne nuit, Eclipseo.. !" puis la porte se refermer. Mes yeux, eux, s’étaient déjà refermés quand je répondis " Toi de même, camarade !".
Mais, pris d’un soudain doute, je rouvris mes paupières… Pour voir une magnifique femme en face de mon lit. Blonde, ses yeux pétillaient de vie et son regard était charmant.
" Mais, que… Comment êtes-vous entrée ?
- Bonsoir, toi… "
 
 Chapitre quatrième : la Voie... De la sagesse ?
 
Les jours d’après, je déambulai sans réel objectif dans le port et le château. J’eus à faire mes adieux à mes compagnons de voyage le matin de leur départ pour l’île de Grobe. J’ignore ce qu’ils allaient y chercher. Des rumeurs racontaient que l’île était hantée par les fantômes d’anciens guerriers de Pandala.
Le vieil Erik lui-même parut attristé :
"Ça fait ben quequ’s’années que j’te connais, p’tit gars, et merzigue il s’tait habitué à toi. Pour sûr qu’ça va nous faire un vide, et pas p’tit. Continue à t’entraîner, et m’oublie pas hein…
- Le vieux a raison, Eclipseo, reprit l’un des matelots, continue à t’entraîner ben comme il faut aux nœuds et au combat et tout."
 
 
Je regardai l’Abraknyde flottant partir, puis me mis en quête de mon déjeuner. Quelques sardines macérées dans du jus de citron me convinrent, et je décidai de partir à la découverte du village d’Amakna, auquel je n’étais encore jamais allé.
Je traversai la rivière de Kawai devant le temple Pandawa. L’atmosphère y était tranquille ; le temple était en fait un genre de pagode. Il était décoré de bambous et de quelques banzaïs. Deux pêcheurs attendaient que ça morde à leur hameçon, à côté. Je ne m’attardai pas et continuai mon chemin. Je découvris la bibliothèque où je me promis de revenir plus tard, quand j’aurai suffisamment progressé en lecture. J’avais un peu appris, mais cela ne se résumait qu’à lire quelques lettres et pancartes.
Je passais devant le temple de Xélor, une boulangerie, et je vis un puits vertigineux dans lequel une échelle permettait de descendre. Les quelques crânes disposés autour avertissaient peut-être du danger. En tout cas je ne m’y aventurai pas, et j’arrivai devant un temple bâti de pierres blanches. Au symbole placé au-dessus de l’entrée, je sus que j’étais destiné à y entrer : une épée !


Une quiétude fraîche régnait en ces lieux, et contrastait avec l’agitation près du zaap du village. Je venais de découvrir le fonctionnement de cette machine, mais je n'en comprenais pas encore tous les rouages. Au passage, un homme m’avait abordé bizarrement. J’avais cru comprendre "Dis, tu veux être mon ami ?" mais c’était dit d’une manière si étrange que je l'avais repoussé d’une petite soufflette. L’homme était tombé et m'avait traité de tous les noms, mais il restait incompréhensible.
Un tapis rouge était étalé dans le temple, et deux se présentaient. Me rappelant l’un des conseils de mes amis matelots, "Quand tu es perdu, tribord !", je pris la porte de droite. Elle me mena dans une salle où attendait un homme. Je m’avançai vers lui. Il releva la tête et m’observa, semblant me jauger.
"Bonjour, étranger. Quel est ton nom, si tant est que tu en aies un ?
- Eclipseo, répondis-je, et vous ?
- De nom, je n’ai pas. Mais d’aucuns me surnomment Orlando Peule.
- Enchanté. Dîtes-moi, je suis bien dans le temple érigé en faveur de Iop ?
- C’est exact. Mais tu n’es pas un de ses disciples. Tu n’es le disciple d’aucun dieu.
- Comment le savez-vous ? répliquai-je, étonné.
- Tu es habillé comme sont habillés les marins. Nul disciple de nul dieu ne quitterait ses vêtements de foi, à moins qu’il ne quitte la voie de son dieu pour une autre. Encore que certains dieux offrent plusieurs voies différentes…
- Je veux entrer dans la voie de Iop ! Je me suis entraîné ! Contre mes frères matelots, sur les plages, dans les forêts, sur la neige, par tous les temps ! Tous les matins, depuis six ans !
- Quiconque veut entrer dans la voie de Iop doit battre son dopeul.
- Son dop… Qu’est-ce que c’est que ça ? m’étranglai-je.
- Un dopeul est une créature. Nous en élevons dans chaque temple. L’atmosphère du temple leur donne petit à petit l’apparence des disciples du dieu. Ils copient également les façons de combattre des adeptes du dieu. Vu les muscles que tu as, et la réputation des matelots au combat, je vais te faire affronter notre dopeul le plus faible. Gare à toi : si tu perds, tu ne pourras revenir dans ce temple pour en emprunter la voie de la foi.  Toutefois, tu pourras t’y entraîner contre nos dopeuls comme le font certains. Veux-tu tenter ta chance ?
- Plus que jamais ! Mais j’y pense… L’arme avec laquelle je m’entraînais n’est pas à moi, ce qui fait que… Je n’ai rien pour combattre !
- Attrape donc ! soupira le maître du temple en me balançant une lame. Bien, tu sembles un peu adroit. Vois-tu cette grille, là, au centre de la pièce ? Les dopeuls y sont enfermés. Je vais lâcher ton adversaire, tiens-toi prêt !
- Attendez, je crois que mon épée est bris… "
Trop tard. Le dopeul était sorti d’un bond de sa cage et me toisai. 


Nous commençames à former une boucle en tournant, chacun de nous évaluant l’autre. Comment battre une créature avec une lame éméchée ? Je n’avais pas le choix, je devais tenter quelque chose. Je m’élançai à toute vitesse vers mon adversaire, la poigne bien serrée sur la garde de mon épée. Le dopeul m’attendait. Nos épées s’entrechoquèrent. La danse des lames commença, sur une musique de cuivre et de fer frappés l’un contre l’autre. Lui le cuivre, moi le fer. Une brèche s’ouvrit dans sa défense ; je m’y engouffrai avec tant de précipitation que je faillis tomber, mais je le frappai aux côtes. Avec un cri de douleur, le dopeul s’écarta. "Touché, pensai-je de plus en plus confiant, ça va être du gâteau". Ce combat me donna une importante leçon : ne jamais vendre la peau du Mulou avant de l’avoir tué. En effet, le dopeul rassembla ses forces et frappa. Je parvins à contrer chacun de ses coups, mais je perdai beaucoup de terrain, de sorte que je me retrouvai rapidement acculé dans un coin. Une fourbe botte de la créature lui permit de m’atteindre à l’épaule, tandis que je n’avais plus d’autre choix que celui de résister. La vague d’assauts de mon adversaire m’étouffait petit à petit. J’étais débordé, et soudain une attaque me priva de mes appuis. Je tombai, tout en sueur, mais je me mis à genou pour parer un redoutable coup. Le choc brisa mon épée. "Le pauvre bout qu’il me reste est très saillant, pensai-je, c’est le seul espoir qu’il me reste…". Je frappai d’estoc, surprenant le dopeul, puis de taille. Je l’atteins au ventre. Je me levai et me précipitai vers lui. J’empoignai sa main qui tenait l’épée et je lui infligeai une puissante descente de coude qui la força à lâcher sa prise. Je me mis à le frapper de mes poings, et lorsque je trouvai le pommeau de mon épée, je m’en servis pour l’assommer. Le dopeul gémit et prit la fuite vers sa cage.


Ensanglanté, je me relevai et me retournai vers le maître du temple. Celui-ci me regardait d’un air amusé :
"Tu as bien failli perdre, Eclipseo de l’Abraknyde flottant. Mais tu t’en es bien tiré. Pour la vaillance et la témérité dont tu as fait preuve, tu es autorisé à suivre la voie de Iop et à vêtir les habits de ses disciples. Fais preuve de bravoure comme tu viens de le faire, et tu progresseras rapidement dans la Voie.
- Merci, mais… Je ne vous ai jamais dit d’où je venais. Comment connaissez-vous le nom de ce navire ?
- L’un des matelots était un disciple de Iop… Mais suite à un incident, il s’est vu obligé d’abandonner la Voie. Il était excellent guerrier et j’ai déploré son départ. J’ai reconnu quelques gestes caractéristiques de lui dans ta façon de combattre. En particulier la précipitation, défaut contre lequel il luttait. N’oublie pas ce qu’il t’a appris, cela te sera d’une grande utilité. Et maintenant, enfile cette tenue et rejoins-moi dans l’autre salle du temple."


Je m’exécutai, et fus la proie d’un sifflement admiratif d’une jeune Iopette lorsque j’enlevai mon haut. Sans comprendre ce qu’un vulgaire sifflement pouvait bien signifier dans ce village de fous, je me dirigeai vers le salle de recueillements, où j’étais attendu.


Dernière édition par Eclipseo le 13.09.13 20:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Eclipseo, la lumière dans le noir   29.07.13 23:11

EDIT du 30 Jouiller : ajout d'un peu plus de 3 chapitres.


Ablabla

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Eclipseo, la lumière dans le noir

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